Compter sur ses doigts

Voici la façon dont un Français (ci-dessus) compte jusqu’à 5… Ce qui étonne un Américain (ci-dessous). Pourquoi se tordre la main à 3 avec ce majeur qui fait de la résistance ? Un anglo-saxon démarre de l’index et y ajoute le majeur, l’annulaire puis le petit doigt et ouvre entier la main à 5.

A l’inverse l’index en l’air permet à l’écolier français de demander la parole dans une classe. En fonction de l’écartement entre index et majeur le signe pour 2 peut devenir le V de la victoire popularisé par les soldats américains débarqués en France à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Enfin plus récemment le 1 des Français coïncide avec le pouce levé bleu venu de la Silicon Valley. Par contre un locuteur zoulou* lève le pouce droit pour dire 6, après avoir utilisé sa main gauche pour arriver à 5. Le mot pour dire 6, isithupa, veut d’ailleurs dire « lever le pouce droit » !

Un Mexicain a lui 3 options pour compter en fonction de son statut social et de ce qu’il veut en révéler. Les paysans du Nord du pays comptent comme ci-dessous, mais la plupart des gens lèvent leurs doigts comme les Américains. Les gens qui veulent paraître chic quant à eux comptent comme les Européens. Comme quoi compter sur les doigts n’est pas un jeu d’enfants…

Quand les précédents ouvrent la main pour dire 5, le Tanzanien a le choix,
soit les doigts s’écartent, soit le poing se ferme arrivé à 5. De quoi étonner un Européen qui voit le poing fermé comme la dernière étape d’un compte à rebours. Question de point de vue !

En faisant un autre pas de côté on peut imaginer compter non pas sur ses doigts mais sur les espaces entre ses doigts, donc 4 sur chaque main. Les Amérindiens du Nord de la Californie de langue yuki comptent ainsi jusqu’à 8.*

Toutefois il n’est pas obligatoire de s’arrêter à 5 ou même 4. Au Moyen Orient, de l’Inde à la Syrie et à l’Egypte en passant par l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak et la Turquie, certaines personnes arrivent jusqu’à 12 en comptant les phalanges des autres doigts avec le pouce !

A l’inverse, un ami ayant grandi en Sibérie me racontait l’histoire d’une mère qui arrivée à 10 se trouve à court de doigts. Elle se tourne alors vers ses enfants et poursuit sur leurs doigts. Nous avons tous probablement vécu une situation similaire quand enfant en sandales nous nous retrouvions coincés à 20, à court d’orteils.

*Selon Elizabeth Little dans son livre, Confessions d’une fanatique des langues

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